Le petit monde de SWS...
Texte et photo: Marc JOLY
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| Quoi de neuf chez SWS ? Nous vous avons bien peu parlé deux durant lannée écoulée. Cest que Robert Stutzmann et toute son équipe se sont attachés à faire grandir la maison, avec un succès qui ne se dément pas. Quant aux préparations, elles continuent de sortir régulièrement des ateliers, à limage des deux Porsche qui illustrent ces pages : un cabriolet Turbolook très vitaminé , et une 993 Tiptronic S sévèrement optionnée. Avant de vous parler de ces deux modèles, juste un petit mot sur SWS. Comme nous vous lindiquions récemment, un véritable show-room est sorti de terre en 2000, permettant daccueillir en permanence une bonne trentaine de Porsche. Finis les alignements dans la rue, certes très spectaculaires pour celui qui arrivait là pour la première fois (imaginez une petite rue dans une petite ville où vous vous retrouvez dun coup avec une trentaine de 911 garées les unes derrières les autres !), mais vraiment peu pratiques pour léquipe SWS, qui devait rentrer ces Porsche, tant bien que mal, le soir venu, et les ressortir le lendemain matin. Que de temps perdu ! En plus, ce show-room donne terriblement envie dacheter tout ce qui sy trouve, car les autos y sont beaucoup plus mises en valeur que sur un trottoir. Pour fêter cela, Robert sest enfin attaché les services de deux secrétaires (il ne fait jamais les choses à moitié ). Ceux qui tentèrent, ces dernières années, de joindre Robert, savent de quoi je parle : le parcours du combattant de la légion étrangère, à côté , cest de la roupie de sansonnet. Finies les galères, vous tomberez désormais sur de charmantes voix féminines, qui vous aiguilleront, et sauront vous dire où, quand et comment rencontrer lincontournable Robert. Ajoutons à cela la création dun vrai site Internet qui permet de voir en temps réel les Porsche à vendre dans le show-room, de retrouver tous les essais des préparations SWS depuis le début, et vous comprendrez que cette entreprise oh combien sympathique a décidé de franchir le cap du second millénaire en se donnant tous les moyens de la réussite. DEUX VALENT MIEUX QUUNE Drôle didée, davoir regroupé ces deux Porsche en un même sujet ! Elles nont rien à voir entre elles, mais comme elles étaient présentes le même jour, lors dune sortie du club Porsche de France à Dijon, nous avons eu envie de les regrouper, pour le plaisir des yeux, pour sortir des sentiers battus, et pour déroger à la règle. A ma gauche, une 993 Tiptronic S de 1995 ayant la particularité de navoir que 14000 km, et remplie doptions. A ma droite, un cabriolet 964 Turbolook sortant 320 ch, une grosse préparation entièrement signée SWS. Commençons par la 993, particulièrement belle avec ses jantes 18, et ses suspensions rabaissées. Cest fou comme cette double opération (jantes plus grandes et caisse plus basse) peuvent transformer le look dune voiture, quelle quelle soit. Une Porsche 993 est déjà, dorigine, une bien belle Porsche, mais ainsi équipée, elle se donne des airs plus agressifs, plus désirables encore que dorigine. Récemment, un lecteur me demandait quel pouvait bien être lintérêt de mettre des jantes plus grandes ou plus larges, en dehors de laspect esthétique ? Cest un débat toujours présent dans les esprits, car changer de monte na pas que des avantages. Concrètement, si la pose de ces jantes est réalisée par un professionnel, qui vous posera ou non les bonnes cales, et qui vous fera un bon réglage de trains (surtout sur une 993 avec des suspensions rabaissées), cela va améliorer le comportement en virages de manière assez nette. Mais pas dans nimporte quel virage. La différence se fera essentiellement sur bon revêtement. Car, chapitre inconvénients, plus on monte de grandes roues, plus elles auront tendance à chercher un peu leur route sur mauvais revêtement. Cest là que le professionnel joue un rôle important, car tout cela doit se régler aux petits oignons. Par ailleurs, et nous avons déjà eu loccasion de détailler cet aspect dans notre n°53, les performances sont mises à mal dès quon monte en taille. De manière assez importante, confirmée ici une nouvelle fois. Juste pour voir, on a sorti le chrono, pour constater que cette 993 était de plus dune seconde plus lente sur le 100/200 que la même en 17. Le fait quelle soit en Tiptronic ne fait quaggraver le phénomène. Dautant plus troublant quelle a pourtant reçu un pot spécial SWS permettant de libérer un peu plus de puissance. Malgré cela, la différence nest pas comblée. Lexplication est en partie ailleurs. Dabord, dans le fait quelle soit alourdie de nombreuses options, qui vont toutes dans le sens du confort et de lesthétique, mais qui, forcément, sont pénalisantes en poids. Ensuite, parce quelle navait que 14000 km le jour de notre reportage, ce qui, en cinq ans, est extrêmement peu. Nayant pas roulé assez, son moteur est encore bridé . Depuis, elle est passée à 26000 km, et Robert ma confirmé quelle marchait nettement mieux que lété dernier. Il est amusant de rapprocher les performances dune 993 ayant 460000 km, comme celle parue dans notre n°114, et une 993 nayant que 14000 km. La plus ancienne respire nettement mieux ! Entre ces deux extrêmes, il y a bien sûr un juste milieu, mais à force de toutes les essayer, on finit par se faire une idée précise. Loccasion de rappeler que le kilomé trage importe bien peu. Seul compte létat du véhicule. Il est normal, ensuite, que le prix varie en fonction du kilométrage, mais celui-ci ne doit pas être un critère dachat à tout prix. Jai limpression de me répéter, et décrire certaines choses pour la 100ème fois, mais de tout ce qui compose lachat dune Porsche, cet élément-kilomé trage semble être le plus dur à faire comprendre. Mais on finira bien par y arriver ! UN CABRIO DE SPORT POUR LA ROUTE Passons au cabriolet 964, un des 742 exemplaires sortis en version Turbolook en 1992. Rappelons que ce modèle, aujourdhui très apprécié et recherché , renouvelle laventure Turbolook sur la 964, en tout cas en ce qui concerne le châssis. Ce qui permet de passer de la puissance supplémentaire sans rien modifier dautre. Jantes 17, freins de turbo, jen passe et des meilleures. Sauf quon a affaire à un cabriolet, ce qui lui donne un look superbe, dautant plus réussi quon a eu le bon goût de ne pas lui attribuer daileron. Celui-ci ajoute de lagressivité sur un coupé , mais alourdit la ligne dun cabriolet. Avis qui ne regarde que son auteur, notez bien, car vous êtes tout à fait en droit de penser différemment. De toute façon, nos lecteurs ont tous les droits ! Ils sont ici comme chez eux. Certaines épouses nous reprochent même de tenir un peu trop de place, y compris jusque dans le lit conjugal. Quelles nous pardonnent, et quelles se disent que nous essayons doffrir chaque mois un peu de bonheur à leurs maris. Il y a même certaines épouses qui ont pris le parti de nous lire, et qui y prennent du plaisir, ce qui est une marque de sympathie qui nous va droit au cur. Mais bon, on diverge, là, on diverge ! Revenons à notre cabrio Turbolook, dont le look, justement, na pas été modifié par SWS. En revanche, côté moteur, on sest offert la grande scène n°2 de lacte 4, puisque, des 250 ch dorigine, on a atteint les 320 ch ! Pour en arriver là, pas de secrets, il a fallu ouvrir le moteur en grand, et faire un vrai travail de motoriste. Cylindrée augmentée de 3,6 litres à 3,8 litres (cela se pratiquait couramment du temps de la 964, y compris par lusine), arbres à cames plus pointus, échappement SWS, boîtier modifié , débitmètre à fil chaud, on retrouve là les grands principes des préparations classiques, qui permettent de gagner les vrais chevaux qui vont bien. Le motoriste, en pareil cas, est confronté à un dilemme permanent : du croisement des arbres à cames dépend laspect pointu ou non du moteur. Une mécanique pointue permet davoir des chevaux haut perchés, en négligeant la souplesse dutilisation. Un moteur de course est souvent inutilisable sur route. Il faut donc trouver un compromis entre souplesse et puissance, surtout si on destine son travail à une utilisation exclusivement routière, comme cest le cas ici. Des exemples récents ont démontré que rien ne sert davoir 340 ch dans un atmo, sils ne sont pas exploitables. Le résultat est ici de tout premier ordre, dabord parce que ce cabrio est particulièrement agréable à rouler, à la fois souple et performant. Quand ont lit les chronos, il ny a guère quen 5ème quelle peine un peu. Dommage, à ce propos, que nous nayons pas encore dans nos références les temps dune 964 normale, et dun Turbolook cabrio normal. Nos points de comparaisons sont limités, et nous en avons profité pour ressortir, en plus de la Carrera S 300 ch, les temps de quelques autres préparations SWS : la fameuse SW1, moteur de 3.6 dans une caisse de 3.2, qui reste toujours aussi séduisante, la 993 338 ch, et létonnante RS 964 qui, avec ses 306 ch, a fait la nique à tout le monde. Même quon se demande encore comment elle a pu nous sortir des temps aussi canons ! Et nous avons aussi ajouté la 911 Turbo 3.3, génération 965. Dans un premier temps, cette idée nous a parue sotte et grenue, mais tout bien réfléchi, on a la même caisse, le même châssis, la même puissance, et un poids légèrement plus lourd pour le cabrio. Dès lors, la comparaison était intéressante. Où lon constate que la Turbo est mise à mal dans les reprises, mais se reprend bien dans les accélérations, sans que lécart soit si important. Comme le dit Robert : On se retrouve avec des performances assez proches, mais la version atmo consomme nettement moins, et sentretient plus facilement. Ca se discute, en effet, dautant que si on les compare en prix dachat, lavantage va à la Turbo, car une grosse préparation coûte toujours de largent. Le débat est pourtant inutile, car les amateurs de Turbo ne veulent pas entendre parler datmo. Quant on aime recevoir des coups de pieds aux fesses, on est moins branché caresses ! Ainsi va la vie Notez encore que ces deux Porsche sont actuellement à la vente chez SWS. Elles représentent chacune des approches différentes du petit monde de la 911, toujours autant en effervescence ! |
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