SWS 2 : Main de fer
Texte et photo: Marc JOLY
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| Chez Sportwagen Service, limpact de la première sws, avec 393 ch dans une caisse de SC, a été tel que léquipe des frères Wagner a longtemps hésité avant den proposer une seconde. Renforcée par larrivée dun électronicien directement venu de chez Porsche, cette équipe a continué de travailler, et nous propose aujourdhui une nouvelle préparation avec toujours un mot dordre : le plaisir, mais dans une optique plus «quotidienne». Eh oui, la première sws était tellement furieuse et passionnante quelle finissait par devenir exigeante : la politique des Wagner brothers, qui avaient créé cette auto, était simple : mettre un gros moteur dans une caisse légère, à moindre coût. On sait ce quil en fut, et je garderais encore longtemps en mémoire les explosions sonores renvoyées par léchappement sur les rails de sécurité lorsquon accélérait fort avec cette fabuleuse auto. Robert Stutzmann, alias R.S., na, depuis, jamais cessé de surfer sur la vague créée par cette préparation, qui a été suivie de bien dautres, plus «terre à terre», plus proche des réalités quotidiennes des porschistes. La folie sait parfois engendrer la raison. Et depuis plusieurs mois déjà, Robert et son équipe (de simple vendeur, il est aujourdhui devenu incontournable chez sws), cogitent pour savoir comment faire évoluer le concept créé par la première grosse préparation. Plonger dans lescalade, comme lon fait quelques confrères? «Cest ce quon a voulu faire au début, mais très vite on sest dit : est-ce bien raisonnable? Notre garage est connu pour rendre la Porsche abordable, que ce soit dans la vente de modèles doccasion, ou dans nos préparations. Nous avons beaucoup développé ladaptation des catalyseurs, mais nous tenions à conserver une grosse préparation. La Turbo 2 étant une excellente base, nous nous sommes dit quil fallait travailler sur celle-ci. Dans un premier temps, nous avons adapté notre premier moteur, avec 390 ch, que tu as déjà essayé, et qui a tout de suite prouvé quelle était presquau niveau de la bi-turbo. Cette fois, nous avons poussé plus loin cette démarche, mais avec une priorité : rendre lauto facile à conduire au quotidien, et conserver tout le confort dun turbo 2. On en a trouvé une avec toutes les options, ce qui la met presquà 1500 kg, et on a créé un nouveau moteur. Le résultat, le voici. Et il serait évidemment plus impressionnant encore si la caisse était allégée!» Le résultat, cest cette Turbo 2 noire, couverte de quelques indications chiffrées, en fluo, pour notre séance photos, et pour la promo qui allait suivre. Extérieurement, les différences sont minimes. Seules les écopes, prises dair et aileron de la Leichtbau ont été posées sur cette 3.3. On note aussi la présence de très belle jantes, look bi-turbo, mais en 17. Lintérieur ne révèle non plus aucune modification. Cest sous le capot que ça se passe! Lidée était de partir dun bloc 3.6 de Carrera 2. Pour au moins une raison : cela signifie que tout propriétaire dune Carrera 2 ou 4 peut amener son moteur et faire la même préparation. Complètement ouvert et démonté, il subit toutes les améliorations dusage, arbres à cames compris, et il reçoit surtout ce quon fait de mieux en allumage à lheure actuelle : le sophistiqué système à une bobine par cylindre, déjà vu sur la Cup Snobeck de lami Bordas. Sauf quici, cest Franz Huwer, le nouvel électronicien maison, qui sy est brillamment collé. En ajoutant ensuite un turbo K27 modifié, cela nous donne, au final, une puissance de 480 ch à 5500t/mn, pour un couple de 575 Nm à 4575 t/mn. Pour le reste, les freins de Turbo 3.6 ont été montés, ainsi quun embrayage renforcé et des amortisseurs Bilstein. Côtés pneus, les Pirelli P zéro ont trouvé terrain à sexprimer. Enfin, comme dhabitude, sws nous a concocté un échappement-maison, que nous avons hâte découter! On est vraiment à cette vitesse-là? La région de Spiesen-Elversberg, en Allemagne, là où se trouve SWS, nest faite que de routes en montées (ou en descente, cela dépend du sens) et en courbes. Pour faire des chronos cohérents, il faut revenir en France, prendre lautoroute direction Strasbourg, et attendre dêtre dans la plaine dAlsace pour enfin songer à travailler. Remarquez que ça a du bon, puisque cela permet de rouler un peu plus longtemps. Dentrée de jeu, cette nouvelle préparation métonne sur deux points. Le premier est somme toute logique : la facilité de conduite de lengin, dont même lembrayage, pourtant renforcé, est dune rare douceur. Très vite, on cherche lautoradio et la clim, ce qui ne nous serait jamais venu à lesprit dans la première sws. Comme on dit, on ne jouit que par contrastes La seconde surprise en découle directement, à savoir quon na jamais limpression de rouler à la vitesse indiquée au compteur. Là où on se croirait à 130, on est en réalité à au moins 160, et ainsi de suite. A tel point (jespère que Robert ne men voudra pas!) que jai fini par douter de lexactitude du dit compteur. Doute qui sera vite effacé grâce à une tierce personne, totalement neutre, qui nous a suivi un moment en BMW, et qui a totalement confirmé la vitesse à laquelle nous roulions! Vraiment étonnant. Finalement, si on veut rester connecté à la réalité, il vaut mieux baisser la vitre, et écouter le son du moteur! Ne croyez cependant pas que cette réalisation soit aseptisée : si elle permet de tracer en toute sécurité sur autoroute (on sest même fait un coup de 300, très facilement, mais en Allemagne bien sûr!) (hypocrite), dès quon commence à envoyer la poudre sur des routes plus petites, les sensations sont réellement exceptionnelles, surtout avec la sonorité de cet échappement diabolique (accélérer dans une rue encaissée devient une tentation à laquelle il est difficile de résister). Question chrono, le but est atteint. Robert et son équipe tenaient surtout à être devant une bi-turbo, et si possible devant la bi-turbo 430 ch : 8778 sur le 100 à 200. Cest un résultat excellent, digne des toutes meilleures. 4640 sur le 80 à 150, cest encore mieux, et cest un exercice dans lequel la sws 2 excelle tout particulièrement : elle bat même la première sws sur ce point (qui perdait un peu de temps sur le passage 2-3). Les reprises en 5 et en 4 sont moyennes, conséquence directe des modifs darbres à cames et dallumage. Mais ce que je retiendrai surtout de cet essai, cest laspect Dr Jekyll et Mr Hyde de cette Porshe. Douce, docile et facile à vivre sur simple demande, elle devient un véritable monstre dès quon accélère, mais un monstre restant civilisé côté comportement. Il va sans dire quon nenvoie pas impunément 480 ch si on fait nimporte quoi, mais la sensation de sécurité est bien présente. Si vous conduisez comme une brute, elle deviendra brute, et il vous faudra alors jouer de finesse pour en maîtriser les réactions. Mais cest le type même de Porsche qui peut semmener très vite sur petites routes avec une excellente marge côté freins et trains. Les Pirelli et les Bilstein y sont pour beaucoup, particulièrement adaptés à ce genre dauto. Ils durcissent et rigidifient juste ce quil faut pour préserver le confort. Au final, nous retrouverons une préparation bien dans lair du temps, où on veut des sensations, mais on ne veut pas que ces sensations se fassent au détriment de lagrément de conduite. Les porschistes, quoi quon en dise, aiment la discrétion. Avec celle-ci, ils passeront quasiment inaperçus, jusquau moment où ils mettront les gaz! Comme toujours, lauto que nous avons essayée est bien sûr à vendre, et comme toujours, Robert sefforce de tirer les prix au mieux, même sils ne sont pas encore fixés à lheure où nous écrivons ces lignes. La préparation complète en elle-même ne doit pas dépasser les 150000 F (avec les freins et les amortisseurs), en rappelant quelle peut se faire à partir dune Carrera 2, et même dune Carrera RS. Rien que dy penser, jen verdis davance |
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